La problématique de la Sécurité de l’Emploi en Guinée.

En République de Guinée tout comme dans bien d’autres pays Ouest Africains, trouver un emploi décent est l’une des véritables difficultés pour les milliers d’étudiants sortants des universités.

Pour comprendre les véritables contours liés à cette problématique, nous avons recueilli pour vous chers lecteurs l’analyse de Monsieur Algassimou DIALLO expert polyvalent en développement.

Dans cet entretien exclusif notre interlocuteur porte son regard sur la problématique de la sécurité de l’emploi en Guinée.

Portant son regard sur la sécurité de l’emploi en Guinée, Monsieur Algassimou Diallo estime que l’emploi est une problématique assez sérieuse en ce sens que le taux de chômage est extrêmement élevé en Guinée. Les rares  personnes  qui ont la chance d’avoir de l’emploi sur le marché ne sont pas pour la plupart encadrées  par la loi avec le soutien du code de travail et de l’Etat.

Il y a un certain népotisme qu’on remarque dans le secteur, ce qui fait que même quand vous avez l’exception d’avoir la chance d’être parmi ceux qui ont de l’emploi ; vous ne pouvez pas vous considérer comme quelqu’un qui sort du lot du chômage. Vous pouvez vous retrouver du jour au lendemain  au chômage.

Question : Même ceux qui ont de l’emploi ne sont pas épargnés par ce phénomène, qu’est que vous voulez dire par là ?

Réponse : Vous savez qu’en république de Guinée il y a un code de travail qui normalement défini les conditions d’accessibilité à l’emploi. Il détermine aussi le droit et les conditions d’exercice de cet emploi. S’il doit y avoir une séparation entre employeurs et employés, certaines procédures doivent être respectées. Mais on a l’impression qu’en Guinée á l’exception de certains secteurs très bien connus, il n’y a pas de suivi et de rigueur dans l’application du contenu du code de travail.

Ce qui fait que la plupart des emplois que les guinéens trouvent ce sont des emplois précaires à cause du niveau très bas des salaires sans oublier qu’à l’intérieur de ces emplois il n’y a pas de garantie.

Pour la plus part des cas, il existe rarement un plan de formation, un plan de carrière au sein des administrations publiques et privées. Le marché de l’emploi  et la situation politique sont très instables. Il arrive très souvent qu’il y ait fermeture de certaines entreprises, les salariés se retrouvent dans une précarité et donc une perte d’emploi y compris les titulaires de contrats de travail á  durée indéterminé (CDI)

Question : Parlant justement de ces licenciements en Guinée il existe  tout de même un service qui veille  á la garantie de l’emploi dans le pays je veux bien parler de l’Inspection Générale du Travail, vous voulez dire que ce service ne joue  pas véritablement pas son rôle ?

Réponse : Alors si on se réfère aux cas des employés qui ont perdu leurs emplois soit pour telle ou telle raison, les investigations ont montré qu’il y a bien une complicité entre employeurs et l’inspection générale  du travail.

Il est très rare de voir en Guinée une entreprise qui a fermé et qui a suivi et respecté toutes les procédures de licenciement édictées en la matière. Si vous vous rappelez depuis l’arrivée du président Alpha Condé au pouvoir il y a malheureusement assez d’entreprises minières qui ont fermé sans le moindre respect de la légalité concernant la rupture des contrats de travail.

Au-delà des sociétés minières, d’autres sociétés qu’on peut qualifier d’industries de PME ou de PMI ne respectent pas  les droits de leurs travailleurs. Rappelez-vous du dernier cas récent qui s’est produit dans une usine à Dubréka.

Tous ces événements nous font dire qu’il y a du noir dans le domaine du respect des procédures du code de travail en république de  Guinée.

Il y a assez de guinéens aujourd’hui qui sont employés et qui n’ont pas de contrat de travail, certains ne sont même pas payés au Salaire Minimum Interprofessionnel de croissance (SMIC), d’autres travaillent au delà  des heures normales. Pire, certains travaillent réellement  mais ne bénéficient pas de rémunération.

Question : Au regard de toutes cette situation on comprend véritablement que le tableau relatif au marché de l’emploi en Guinée est vraiment noir, en votre qualité d’expert en développement qu’est ce que vous préconisez pour la sécurité de l’emploi en Guinée ?

Réponse : A mon sens la première des choses il faudrait dire à l’Etat et tous ses partenaires aux développements que la première condition pour qu’on parle de travail c’est d’abord l’existence d’opportunités. Si le pays n’est pas stable d’un point de vue économique, politique et juridique il sera très difficile de faire venir des investisseurs chez nous. L’Etat à lui seul ne peut pas employer  tout le monde. Le secteur privé doit être ma foie le moteur de croissance et celui de l’emploi. Je pense que la première des conditions c’est de respecter le cadre juridique et institutionnel favorable à l’investissement.

Deuxièmement il faut que l’Etat soit très regardant par rapport aux conditions d’employabilité et de travail dans ces entreprises qu’elles soient publiques ou privées.

Il faudrait aussi faire du code de travail une condition non négociable, un employeur  qui se fait des bénéfices doit savoir que ces bénéfices sont obtenus  grâce à l’efficacité de ces salariés.

Donc si ces employés ne sont pas motivés, n’ont pas la chance de se perfectionner, s’ils ne sont pas rassurés par rapport à leurs droits, ils ne pourront être productifs. Il y a nécessité de respecter et de bien encadrer le cadre légal autour.

Voici un certain nombre de choses que je préconise pour qu’en réalité on puisse inverser ce tableau sombre que nous connaissons actuellement.

Propos recueillis par ML Yansané

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